STRUCTURE SOCIALE

    Les‭ ‘‬bantandu‭’ ‬ont une structure sociale qui ne diffère pas de la structure sociale Kongo.‭ ‬On a les mêmes éléments constitutifs de la société chez tous les‭ ‘‬Ne-kongo‭’‬.‭ ‬Tout l'univers social est déterminé par le rapport de la génitrice et de l'engendré.‭ ‬Ce rapport apparaît multiple dans ses implications,‭ ‬cependant simple dans son principe,‭ ‬tant qu'il est soutenu,‭ ‬à chaque clivage,‭ ‬par une seule et même constante le lien ombilical,‭ ‬le sang,‭ ‬le lien avec la mère.
Dans cette vision,‭ ‬on considère que seule la mère transmet le sang à l'enfant par son cordon ombilical‭ ; ‬l'enfant est en effet lié à sa mère qu'à son père qui ne lui transmet que le souffle de vie.‭ ‬L'individu est déjà existant naturellement dans la mère,‭ ‬le père n'y intervient que pour extérioriser et rendre cette existence réelle,‭ ‬la socialiser.
De la mère,‭ ‬l'individu reçoit le pouvoir,‭ ‬l'héritage,‭ ‬les puissances occultes,‭ ‬l'appartenance à la famille.‭ ‬Le père est donc le tuteur jusqu'à l'autonomie de l'enfant au courant de laquelle il demeurera sous l'autorité de son oncle,‭ ‬le frère de la mère,‭ ‬de qui‭  ‬il peut tout hériter.‭ ‬Le père s'en remet‭  ‬aux fils de ses sœurs.‭ ‬Cela n'empêche pas que le père,‭ ‬autant que la mère soient élevés au rang des divinités terrestres.
‭    ‬La tribu‭ "‬ntandu‭" ‬est assez récente par rapport aux tribus initiales du royaume Kongo,‭ ‬son existence en tant qu'entité tribale,‭ ‬caractérisée par ce nom,‭ ‬remonte définitivement à l'époque coloniale.‭ ‬Fortement christianisée dès le départ,‭ ‬bon gré malgré.‭
Dans cette perspective,‭ ‬la société‭ "‬ntandu‭"  ‬a évolué très tôt dans un mélange culturel.‭ ‬L'effritement de la société traditionnelle a évolué relativement au développement d'une stratification sociale moderne coloniale.‭ ‬A la structure traditionnelle faite de clan,‭ ‬lignage,‭ ‬ventre,‭ ‬ménage,‭ ‬s’oppose l’organisation coloniale composée des districts,‭ ‬des territoires,‭ ‬des chefferies,‭ ‬des secteurs et des groupements.

Structure traditionnelle

     ‭* ‬le clan‭ ‬(luvila‭)‬ :‭ ‬qui est un espace théorique d'appartenance familiale.‭ ‬C'est l'entité de base qui rassemble toutes les personnes tant mortes que vivantes ou à naître,‭ ‬dans une filiation matrilinéaire depuis les origines mythologiques Kongo‭ (‬clan famille‭)‬.‭ ‬Ainsi,‭ ‬cette espace définit,‭ ‬toute personne s'y réclamant forme et partage une même vie avec tous les autres membres même s'ils ne vivent pas ensemble,‭ ‬ou en un même lieu‭ (‬clan affilié‭)‬.Le clan leur donne un cadre d'appartenance et une référence identitaire,‭ ‬individualisé et distingué par un nom.‭ ‬Avoir un même nom de clan‭ (‬pour des personnes qui ne se reconnaissent pas‭  ‬à priori de même famille‭) ‬implique une appartenance à une seule et même souche,‭ ‬une même mère génitrice en amont dans le‭ "‬ntuka Kongo‭"; ‬dans l'imaginaire‭ "‬ntandu‭" (‬comme chez tout Ne-Kongo‭)‬,‭ ‬le lien clanique ne se brise jamais.
Le clan se reconnaît à travers la terre‭ (‬n'toto‭) ‬qui est le bien de toute la communauté et qui représente à la fois le fondement et l'expression de la présence à la communauté.
La terre,‭ ‬le territoire est une véritable matrice dans la culture‭ "‬ntandu‭"‬,‭ ‬sacrée et inaliénable,‭ ‬elle définit l'origine du clan et le lieu pour la vie‭ (‬le travail et l'habitat‭)‬.‭ ‬Un clan sans terre est obligé de vivre et travailler sur les terres d'emprunt,‭ ‬il est réduit à‭ "‬l'esclavage‭"‬.‭ ‬La terre reste un bien de tout membre‭  ‬du clan et pour éviter toute aliénation par un tiers,‭ ‬on établi un code,‭ ‬un tabou ou interdit‭ (‬bi kandu‭) ‬que tout membre du clan doit observer rigoureusement.
Cependant,‭ ‬l'État congolais est le propriétaire exclusif de la terre,‭ ‬les clans n'en sont que des usufruitiers.‭ ‬Il faut noter que l'impact cette nue-propriété de l'État n'a réellement d'effets qu'en territoires urbains,‭ ‬dans les milieux ruraux les chefs de clans conservent plutôt les manières anciennes.
‭    ‬En cas de conflit grave qui entraine la séparation dans le clan,‭ ‬et le partage de la terre,‭ ‬on plante,‭ ‬généralement‭ ‬,‭ ‬sur la ligne imaginaire qui marque la séparation,‭ ‬un arbre‭ "‬n'sanda‭"‬,‭ ‬sur lequel on cloue,‭ ‬parfois,‭ ‬des casseroles pour signifier que la séparation est à la fois diurne‭ (‬séparation pour toute activité sociale au jour‭) ‬et nocturne‭ (‬séparation pour toute activité liée à la sorcellerie‭)‬.
De même chaque clan doit avoir un discours d'identification,‭ ‬une parade‭ ("‬ndumbululu‭")‬,‭ ‬transmis de génération en génération,‭ ‬que l'on proclame avec fierté,‭ ‬autorité et orgueil dans un langage rythmé‭ (‬avec des clameurs‭)‬,‭ ‬rappelant la conscience historique du clan,‭ ‬ainsi que son enracinement.
Au sein du‭ ‬clan‭ ‬(luvila‭)‬,‭ ‬on trouve‭ ‬:
‭    * ‬Le lignage‭ ‬(kanda‭)‬ :‭ ‬regroupe les personnes se référant à un même ancêtre,‭ ‬tellement qu'il est éloigné qu'il ne peut servir de référence pour organiser et gérer des relations d'assistance réciproque obligatoires.
‭    * ‬Le ventre‭ ‬(kivumu‭)‬ (le matrilignage‭) ‬:‭ ‬regroupe les personnes se référant à un même ancêtre au sein du lignage,‭ ‬et partageant une vie commune,‭ ‬où la solidarité affective est obligatoire et réciproque.
‭    * ‬La mère‭ ‬(ngudi‭)‬ :‭ ‬qui est un groupement de personnes autour d'un ancêtre direct et d'un aîné vivant et responsable.
‭    * ‬Le ménage‭ ‬(nzo‭)‬ :‭ ‬qui est le plus petit niveau de groupement du clan.‭ ‬C'est l'unité résidentielle qui regroupe les personnes qui ne sont pas forcément de même mère,‭ ‬ni de même lignage,‭ ‬ni de même clan,‭ ‬mais sous l’autorité masculine‭ (‬d'un père‭)‬.‭
N'oublions pas que le père ne fait pas partie de ce fonctionnement,‭ ‬la société‭ ‘‬ntandu‭’ ‬et kongo étant matrilinéaire.
On parle des ménages‭ (‬au pluriel‭) ‬quand il s'agit d’une polygamie.‭ ‬La polyandrie n'existe pas,‭ ‬du moins elle n'est autorisée.‭ ‬Les femmes n'ont pas le droit et ne peuvent pas avoir plusieurs maris.‭    ‬A l’intérieur de ces‭  ‬structures,‭ ‬l’individu‭ «‬ ntandu ‭» ‬se définit comme :‭    
        * La grand mère maternelle et‭ ‬le grand oncle‭ (‬nkaka go bankaka)et leurs cousins germains maternels‭ (‬la maman de maman,‭ ‬ses frères et sœurs,‭ ‬et leurs cousins maternels‭)‬.‭ ‬Les grands oncles dans ce cas sont définis comme‭  ‬grand mères masculines.
‭          * L’oncle‭ ‬(ngwa nkasi‭)‬et la tente maternelle‭ ‬(mama mbuta go mama n'leki‭)‬ :‭ ‬frère et sœur de la mère.‭ ‬Ils sont tous des mères.‭ ‬L'oncle est dans ce cas sont des mères masculines.

‭        * ‬L'enfant aîné,‭ (‬mwana ntete‭)
        * L'enfant du milieu,‭ ‬(mwana go bana ba kati‭)
        * L'enfant cadet,‭ ‬(mwana nsuka‭)
        * Le neveu et nièce‭ ‬(mwana nkasi go bana ba nkasi‭)‬:‭ ‬fils et fille de la sœur et cousine matrilatérale.
‭        * ‬Le petit fils‭ ‬et petite fille‭ ‬(n'tekolo go batekolo‭)‬ :‭ ‬fils et fille des nièces matrilatérales.
‭        * ‬Le petit petit fils et‭ ‬la petite petite fille‭ ‬(n'tekololo‭)‬:‭ ‬fils et fille des petites nièces matrilatérales
On parle aussi de‭ ‬:
‭        * ‬L'enfant engendré ou‭ ‬l'enfant de dos‭ ‬(mwana mina‭)‬:‭ ‬l'enfant né du père,‭ ‬fils ou fille de la‭ "‬mère de‭"‬,‭ ‬du‭ "‬ventre de‭"‬,‭ ‬du‭ "‬lignage de‭"‬,‭ ‬du‭ "‬clan de‭"‬.‭ ‬C'est l'enfant lié par le sang au clan.‭
Tous ceux qui appartiennent au‭ "‬clan‭" ‬du père sont des‭ "‬pères‭"‬,‭ ‬donc les tentes paternelles sont des‭ "‬pères féminins‭"‬.
‭    * ‬L'enfant de la maison ou‭ ‬l'enfant du village‭ (‬ou vulgairement L'homme d'achat‭) ‬(muntu nsumba‭)‬:‭ ‬c’est le dépendant,‭ ‬celui qui est entré dans la famille parce qu'il a été vendu par sa propre famille suite à une faute grave contre les us et coutumes de son clan,‭ ‬une dette non payée,‭ ‬une parole non tenue ou un méfait...‭ ‬C'est l'esclave du clan,‭ ‬rien à voir avec la funeste pratique esclavagiste orchestrée par les occidentaux.
L'enfant du village est une personne sans conditions,‭ ‬sans droit mais libre dans ses mouvements.‭ ‬Cette situation d'enfant du village se transmet en descendance matrilinéaire,‭ ‬et étant esclave,‭ ‬l'individu ne peut obtenir sa libération que par un procédé juridique de libération‭ "‬lutawuku‭" ‬qui consiste en un rituel spécial de recouvrement des libertés accompagné d'un dédommagement.
La notion de cousin est inexistante car le cousin maternel est autant frère et sœur que le frère et sœur utérins.‭ ‬Cependant,‭ ‬il est‭ "‬frère ou sœur,‭ ‬fils ou fille de la tente maternelle‭"‬.‭ ‬Le cousin et cousine paternels sont comme les tentes paternelles des‭ "‬pères‭" ‬ou‭ "‬père féminins‭"
Cette parenté instaure des relations très chaleureuses,‭ ‬une forte solidarité matérielle et spirituelle‭; ‬elle assure la cohésion des villages et a valeur exemplaire.‭ ‬Chaque membre du clan se voit comme un maillon du chaînon clanique et porte en lui une partie de l'âme du clan depuis l'ancêtre mythologique de‭ "‬ntuka kongo‭"‬.
‭    ‬Les anciens jouissent d'une attention et d'un respect particuliers qui les placent à un échelon élevé de la société.‭ ‬Ils sont censés être investis d'une sagesse,‭ ‬de par leur longévité et leur expérience,‭ ‬leur permettant d'apporter des solutions aux multiples problèmes sociaux.‭ ‬Ils sont les garants de la tradition,‭ ‬la mémoire du clan,‭ ‬des bibliothèques vivants‭ ‬:‭ ‬un vieux qui meure est une bibliothèque qui se croule.
‭    ‬La salutation entre deux individus,‭ ‬au sein comme à l'extérieur du clan,‭ ‬se fait en un geste de génuflexion‭ (‬légèrement‭) ‬en se serrant la main.‭
Le battement des mains est la salutation prévue au moment des palabres.‭ ‬Le battement des mains accompagné d’un geste de génuflexion légère est aussi un signe de respect quand on reçoit un cadeau d’un plus âgé.‭
De même quand on se réuni pour discuter,‭ ‬pour débattre ou pour juger un différent,‭ ‬en générale,‭ ‬sous l'arbre à palabre,‭ ‬on se tient assis en rond,‭ ‬avec du vin de palme.‭ ‬On écoute,‭ ‬sans interrompre celui qui parle.‭ ‬On demande ou on cède la parole par un battement des mains.

‭    ‬En dehors du cadre clanique,‭ ‬il y a des relations qui sont privilégiées,‭ ‬celles des alliances matrimoniales.‭ ‬Leurs contributions à l'agrandissement du clan sont conséquentes.
‭    * ‬Les beaux parents,‭ ‬(n'zitu,‭ ‬ba zitu‭) ;
    * Les beaux frères et‭ ‬les belles sœurs,‭ ‬(nzadi,‭ ‬ba nzadi‭) ;
    * Les gendres‭ ‬(nkwesi‭)
Ils ne font pas partie du clan‭ "‬luvila‭"‬,‭ ‬mais sont toujours informés et conviés à tout événement de la famille,‭ ‬du clan‭ (‬1‭)‬.
 


                Mfumu ( seigneur, maître ou prince), 

                Ndona (maîtresse ou princesse) ou

                Mwana  (fils ou filles)


               Chez les bantandu comme chez le Ne Kongo, la société est entièrement structurée par les relations de parenté, qui se prennent dans la lignée de la mère (de qui vient le sang et le lait). Chaque individu pour se situer par rapport aux autres se définit par son clan (luvila), son lignage (kanda), sa famille (kivumu).

               On est donc Mfumu (pour un homme)(seigneur,maître ou prince), Ndona (pour une femme) (maîtresse ou princesse) du Luvila, kanda ou Kivumu de sa maman

              En effet, l'on considère que l'individu existe naturellement dans la mère, le papa n'intervient que pour rendre cette existence effective, pour la socialiser.

Par conséquent, l'on est Mwana  (fils) du luvila de son père.

               La maman et le papa sont foncièrement Ndona et Mfumu dans le luvila (le clan) de leurs mères respectives et mwana dans le luvila de leurs pères respectifs.


Sont Mfumu (pour l’homme), Ndona (pour la femme)

Tous ceux appartenant au même clan, ceux qui ont conscience d'avoir le même sang à partir d'un même ancêtre commun :

Mes frères et sœurs de même mère ;

                   Les enfants (filles et garçons) de mes sœurs (mes neveux et nièces) ;

                   Les frères et sœurs de ma mère (qui sont de même mère que ma mère) (mes oncles et mes tantes maternelles) ;

                   Les enfants (filles et garçons) des sœurs de ma mère (qui sont de même mère que ma mère)


          On est mwana (pour l’homme (fils) comme pour la femme (fille)) de luvila de son papa (de tous ceux qui appartiennent au luvila de papa) :

           tous les frères et sœurs de même mère que papa

           tous les enfants (filles et garçons) des sœurs de papa (qui sont de même mère)

           tous les enfants (filles et garçons) des filles des sœurs de papa (qui sont de même mère).

            du luvila de la maman de papa

Par contre on est n'tekolo (petit fils, petite fille)

                               du luvila du papa de maman

                               du luvila du papa de papa.


Et ntekololo  (petit-petit fils ou petite-petite-fille) du luvila où papa et maman sont des batekolo c'est-à-dire du luvila de papa de papa de maman et du luvila de papa de papa de papa.


                    

                    Mfumu,      Ndona       ou

                                Mwana


                  Ba Ne Kongo, ye ku beto bantandu mpi, mwana ku kanda di mama ka kwendanga ntete. Konso muntu ka kitendula ntete nde guna muna kanda di mama, kadi ku mama muntu katambula moyo. Idina kuna luvila lu mama tutambula ki MFUMU (mwana yakala) ye ki Ndona (mwana n’kento). Kadi muntu ukala ntete muna kivumu ki mama, tata ukwisanga kaka mu ku tundula kimuntu kina. Idina ku luvila lu tata, tutambula ki MWANA.

Idina guna Mfumu, Ndona ku kanda (ki mama) ye Mwana ku ki tata.

Bena ba Mfumu, Ndona babo bakizaya nde bena luvila lu mosi (kanda di mosi)

bonso :

bampangi (ba bakento go ba bakala) babutukidi mama mosi

            bana ba mama n'leki ye ba mama mbuta (ba mbangi ba butukidi ye mama ngudi mosi)

             bana (ba kento ye bakala) babutukidi ku ba mpangi bamu ba bakento, tubutukidi ye bau mama mosi.

              bana (ba kento ye bakala) babutukidi ku bana (babakento), bana ba butukidi ku ba mama n'leki go mama mbuta babutuka ngudi mosi ye mama.


Bena bana (Mwana) ba luna ye bau kitata kimosi.

                bana (ba kento ye bakala) ba bambangi ba tata, babutuka ye bau ngudi mosi

                 bampangi (ba kento ye bakala) ba tata, ba babutuka ye bau ngudi mosi

                 bana (ba bakento ye ba bakala) ba bana (ba bakento) ba tata...


               Tata ye mama bena Mfumu, Ndona muna makanda mau ye bena mpi bana ku kitata kiau.

                 Mwana butukidi ku tata ye mama una N’TEKOLO ku kitata ki tata, ye ku kitata ki mama ye bnana ba batekolo lu kanda bena NTEKOLOLO zi kanda ye bena mpi NTEKOLOLO ku kitata ki bankaka.







                       




Organisation coloniale

‭ ‬L’administration coloniale est faite‭ ‬des districts,‭ ‬des territoires,‭ ‬des chefferies,‭ ‬des secteurs des groupements et des villages‭ ‬:
‭    ‬La chefferie‭ ‬est une division territoriale‭ (‬regroupant plusieurs villages et clans‭) ‬dont le chef,‭ ‬lui-même,‭ ‬investie par l’autorité d’état,‭ ‬se référant au droit coutumier,‭ ‬joue le rôle d’un percepteur de l’état,‭ ‬il contrôle tous les travaux entrepris par l'État‭ (‬travaux d’intérêt communautaire‭) ‬et organise les marchés...‭ ‬Sous prétexte de rapprocher les différents clans par l'instauration des chefferies,‭ ‬l'autorité coloniale a restreint‭  ‬la liberté des populations en limitant leur déplacement‭; ‬il fallait une autorisation pour se déplacer...‭
Contestée par la population,‭ ‬une autre entité est mise en place.
‭    ‬Les secteurs‭ ‬(Kimuisi,‭ ‬Ngeba,‭ ‬Ngufu,‭ ‬Mfuma,‭ ‬Kinkosi-Luidi‭ ‬...‭) ‬regroupent des villages et des clans ou des groupements d'un périmètre plus restreint que les chefferies dont le chef dispose d’un pouvoir avec les mêmes prérogatives que l'autorité de la chefferie.‭
    Les districts seront mis en place en‭ ‬1923‭ ‬et rassemblent plusieurs secteurs.‭ 

Le‭ ‬calendrier

    Dans la vision‭ '‬ntandu‭'‬,‭ ‬le‭  ‬temps n'est pas abstrait,‭ ‬ainsi les divisions saisonnières ne sont pas uniformes et homogènes,‭ ‬quantitatifs ou abstraits mais qualitatifs.‭
Les luminaires comme le soleil détermine‭ ‬le jour,‭ ‬son absence‭ ‬la nuit et la lune détermine‭ ‬le mois.
‭    *‬ le jour‭ ‬est divisé en deux parties‭ ‬:‭ ‬la‭ ‬journée‭ "‬mwini‭" ‬et la nuit‭ "‬mpimpa‭"; ‬la durée horaire de ces deux parties est égale vue la situation géographique du district de la LUKAYA.
‭    * ‬la journée‭ (‬mwini‭)‬,‭ ‬du levée au couché du soleil,‭ ‬est divisée en trois moments‭ ‬:‭ ‬mene-mene ‬(le matin,‭ ‬quand le soleil monte dans le ciel‭)‬,‭ ‬ntangu-masinsa‭ ‬(les environs de midi,‭ ‬quant le soleil brille au-dessus de nos têtes‭)‬,‭ ‬nkokila‭ (‬le soir,‭ ‬quand le soleil décline pour céder la place à la nuit‭)‬.
‭    * ‬La nuit‭ (‬mpimpa‭)‬,‭ ‬du couché au levée du soleil,‭ ‬est divisée aussi en trois moment‭ ‬:‭ ‬mpimpa‭ (‬la nuit‭)‬,‭ ‬après le couché du soleil‭ ;  ‬Dingi-dingi‭ ‬ou‭ ‬ndingu‭ ‬-nsi‭ ‬(minuit et ses environs‭) ‬et‭ ‬fuku‭ (‬fuku‭ ‬-‭ ‬fuku‭)‬ ou‭ ‬n'siuka‭ ‬-‭ ‬n'siuka‭ (‬nsuka-nsuka‭)‬,‭ ‬de bon matin,‭ ‬avant le levé du soleil‭ (‬juste après le levé du soleil‭)
    Le début dune saison dépend soit de l'arrivée effective des fortes pluies pour la saison des pluies diluviennes‭ ‬(kintombo‭)‬,‭ ‬soit de la manifestation d'un ciel couvert,‭ ‬gris avec des vents froids pour la saison sèche‭ (‬kisigu‭)‬,‭ ‬soit de la manifestation des grandes chaleurs pour la grande saison sèche‭ (‬mbangala‭)‬,‭ ‬soit les pluies douces pour‭ ‬kiansu.
En effet,‭ ‬les‭ «‬ bantandu ‭» ‬subdivisent l’année en deux grandes saisons et quatre mi-saisons‭ ‬:
‭           ‬-‭  ‬La saison sèche‭ (‬Nsungi Kisigu‭)‬,‭ ‬qui va de mi-mai au mi septembre selon l’année
‭             ‬-‭  ‬La saison des pluies‭ (‬Nsungi Mvula‭)‬,‭ ‬qui va de mi-septembre au mi mai selon l’année
Ces deux saisons se subdivisent en‭  ‬quatre mi-saisons :
‭             ‬* "Kisigu‭"‬ (de mi mai à‭  ‬mi-Août‭) ‬première saison sèche,‭ ‬plus fraîche‭ ‬.‭ ‬Saison propice pour le débroussaillage.
‭              ‬* "Mbangala‭"‬ (de mi-Août à Octobre‭)  ‬saison sèche,‭ ‬propice pour les brûlis.
‭             ‬* "Kintombo‭"‬ (de Octobre à Décembre‭) ‬intervient deux fois au court de l’année,‭ ‬soit la saison des premières pluies(de mi-septembre à mi-janvier‭) ‬et de grandes pluies au court du moi de mars et du mois d’avril‭ ; ‬en générale cette saison est réservée aux semailles.
‭            ‬* "Kyanzu‭"‬  (de janvier à mi mai‭) ‬deuxième saison de pluie.‭ (‬de mi-janvier à‭  ‬fin février‭) ‬selon l’année

    Le calendrier reste,‭  ‬depuis le temps le‭ "‬ntuka kongo‭" ‬un rappel du devoir,‭ ‬il règle le culte des ancêtres mais aussi rythme la vie sociale et économique du pays,‭ ‬pour le marché.
Le colon et l'Église ont imposé le calendrier romain dans tout le territoire‭ "‬Ne-kongo‭"‬,‭ ‬avant l'existence de‭ "‬Bantandu‭" ‬en tant qu'entité tribal.‭ ‬L'année lunaire‭ (‬de‭ ‬13‭ ‬mois‭ ‬+‭ ‬1‭ ‬jours‭) ‬kongo fut remplacée par l'année de‭ ‬12‭ ‬mois ponctuée des jours fastes et des jours néfastes‭ ; ‬une semaine chrétienne de‭ ‬7‭ ‬jours,‭ ‬dont le‭ ‬7è jours,‭ ‬le dimanche,‭ ‬est le jour de repos dédié au Seigneur.‭ ‬Cependant,‭ ‬à ce calendrier reste accoler le calendrier dit traditionnel,‭ ‬de‭ ‬4‭ ‬jours,‭ ‬connu depuis le Royaume Kongo‭ ‬:‭ ‬dont le jour sont‭   
      Nkandu,
‭      ‬Nkenge,
‭      ‬Nsona,
‭      ‬Konso,‭
‬jour férié réservé à la sanctification des membres du clan dans le culte des ancêtres que célèbrent le‭ '‬ta mfumu‭' ‬et‭ '‬ma ndona‭'‬.‭ 

         L'organisation économique
‭        
    L'économie est fondée essentiellement sur l'agriculture,‭ ‬la chasse,‭ ‬la pêche et l'élevage.
‭    ‬-‭ ‬L'agriculture‭ ‬:‭ ‬les‭ ‘‬bantandu‭’ ‬sont des habilles agriculteurs‭ (‬on le dit de tous les Ne-Kongo‭)‬,‭ ‬ils ont maîtrisé des techniques agricoles de l'époque,‭ ‬bien qu'en générale c'est la femme qui en est la pièce maîtresse.‭ ‬Elle laboure,‭ ‬sème et moissonne,‭ ‬l'homme se limite les plus souvent à l'abattage de gros arbres.‭
Toute l'activité agricole est rythmée selon le calendrier agricole,‭ ‬ainsi tout est soumis aux caprices de la nature,‭ ‬sa générosité rend la terre très fertile,‭ ‬les récoltes sont abondante à condition que les pluies ne fassent pas défaut.
On sème pendant la saison de pluie,‭ ‬généralement au début le la saison,‭ ‬au milieu ou vers la fin de la saison et on récolte pendant la saison sèche.‭ ‬Cela dit,‭ ‬la récole se fait en deux fois l’année ‭; ‬pendant la saison de pluie et au début de la saison sèche.‭
Notons par ailleurs qu’une semence exceptionnelle intervient dans des potagers au début de la saison sèche.

‭    ‬Plusieurs variétés de mil et sorgho‭ (‬ont donné le nom de‭ "‬luku‭") ‬sont cultivés mais,‭ ‬remplacés actuellement par le‭  ‬manioc‭ (‬d'origine d'Amérique‭)‬,‭ ‬constituent les éléments de base de la nourriture.‭ ('‬Mfundi‭' ‬est la pâte de mil ou de sorgho devenu aigre‭)‬.‭ ‬Des petits poids‭ (‬Wandu‭)‬,‭ ‬des plantes comme‭  ‘‬Nkasa‭’‬,‭ ‬dont le rendement joue encore aujourd'hui un rôle non négligeable.‭ ‬Plusieurs types d'ignames et de bananes sont connus ainsi que plusieurs plantes oléagineux‭ ( ‬Nguba,‭ ‬Wangila,‭ ‬Mbika,‭ …)

    -‭  ‬La pêche‭ ‬:‭ ‬on la fait à pied dans les marais et le long des cours d’eau ou rivières avec des hameçons,‭ ‬des filets,‭ ‬des nasses,‭ ‬des digues ou même du poison artisanal.‭ ‬La pêche se fait collectivement ou individuellement,‭ ‬les femmes et les hommes les font.

‭    ‬-‭  ‬La chasse‭ ‬:‭ ‬C'est les hommes qui font la chasse,‭ ‬avec des chiens,‭ ‬des fusils,‭ ‬des filets,‭ ‬des pièges,‭ ‬les lance-pierres ou le feu de brousse.

‭    ‬-‭  ‬La cueillette‭ ‬:‭ ‬se fait individuellement ou collectivement,‭ ‬on ramasse des chenilles,‭ ‬des termites,‭ ‬des fruits et ignames sauvages,‭ ‬des champignons,‭ ‬des vers des palmiers...

‭    ‬-‭  ‬L'élevage‭ ‬:‭ ‬du petit et du gros bétail,‭ ‬les animaux les plus élevés sont :‭ ‬les chèvres,‭ ‬les moutons,‭ ‬les porcs,‭ ‬les bœufs,‭ ‬les poules,‭ ‬les perdrix,‭ ‬les pintades,‭ …

    Le métier le plus prisé est celui de forgeron‭ ; ‬il a donné grandeur‭  ‬et prospérité aux peuple Ne-kongo avant l’arrivée de l’homme blanc.‭
Le forgeron est maître à la fois du fer,‭ ‬du feu et de l’eau.‭ ‬Le fait de manipuler ces éléments pour en‭  ‬fabriquer des outils et des armes témoigne une capacité intellectuelle,‭ ‬un pouvoir,‭ ‬du génie et de la magie.‭ ‬Celui qui exerce ce métier tient une place privilégiée dans la société,‭ ‬il est assimilé aux prêtres,‭ ‬aux savants.‭ ‬En effet,‭ ‬forgeron‭ (‬ngangula‭) ‬est issu de‭ "‬Ngangu‭" ‬:‭ ‬intelligence et comporte des multiples acceptions‭ ‬:‭ ‬doué,‭ ‬adroit,‭ ‬celui qui utilise son génie,‭ ‬donc l’ingénieur et mathématicien‭” (‬2‭)
    Le contact avec la société coloniale a vite fait éclore la capacité commerciale et intellectuelle de ce peuple.‭ ‬Bon nombre d’évolués s’engageront dans l’administration et plusieurs assistants médicaux deviendront plus tard des médecins.

‭    ‬Les marchés‭ (‬Zandu‭) ‬ont fait preuve du dynamisme et de la santé économique de cette contrée.‭ ‬Ils sont très fréquentés non seulement pour vendre ou acheter mais aussi et peut être d'abord pour rencontrer du monde‭ (‬Les familles et les clans s'y rencontrent pour débattre‭)‬.‭ ‬Le marché est un vrai lieu de rencontre et de transactions.‭ ‬Celles-ci se font en toute sécurité,‭ ‬avec bon jugement et astuce.‭
Les marchés de Kimuisi,‭ ‬Nkandu,‭  ‬Nselo,‭ ‬lemfu,‭ ‬Kintanu ki Mbansa,‭ ‬Mbamba kilenda,‭ ‬Ngeba,‭ ‬Mpese,‭ ‬Kimpemba...‭ ‬ont été des facteurs de paix et de rapprochement des peuples de différents clans...
Les transactions s'effectuaient en‭ "‬franc‭"‬,‭ ‬la monnaie du roi belge.‭ ‬Cependant on ne peut pas exclure la‭  ‬circulation des autres monnaies,‭ ‬mais aussi le troc.‭ ‬Ce pourquoi il nous faut revenir longtemps en arrière pour découvrir que le système monétaire était déjà développé en territoire‭ ‘‬Ne-Kongo‭’ ‬depuis très longtemps.‭        
    En effet les monnaies primitives sont hétéroclites,‭ ‬dans le Royaume Kongo on utilisait les coquilles‭ "‬Nzimbu‭" ‬qui étaient de taille variant entre‭ ‬15‭ ‬et‭ ‬18‭ ‬mm,‭ ‬dont le comptage se faisait en système décimal‭ (‬on comptait en dizaine,‭ ‬centaine et milliers‭) ‬:
‭"‬kumi‭" ‬pour‭ ‬10‭ ‬coquillages‭;  "‬nkama‭ " ‬pour‭ ‬100‭ ‬coquillage‭; "‬funda‭" ‬pour‭ ‬1000‭ ‬coquillages‭;
"fuku‭"  ‬pour‭ ‬10000‭ ‬coquillages.
Une poule valait cinquante‭ (‬10x5‭) ‬coquillages,‭ ‬la chèvre s'échangeait avec trois cent‭ (‬100x3‭) ‬coquillages.‭ ‬Ces coquillages exploités sur l'île de Luanda‭  ‬étaient un moyen d'échange qualifié de très fiable à l'époque du fait de la facilité à les transporter,‭ ‬à les compter et de son incorruptibilité,‭ ‬car ils ne s'usent pas et ne diminuent ni en poids ni en valeur,‭ ‬donc difficile à contrefaire.
Ces coquillages se sont prêtés,‭ ‬jusqu’à une époque assez récente,‭ ‬à servir comme objet de parure,‭ ‬que les femmes portaient au cou et aux avant-bras,‭ ‬et,‭ ‬parfois comme porte bonheur à porter aux hanches ou à mettre sous les oreillers‭…
    Cependant l'exploitation incontrôlé de coquillages dans le sud de l'Angola et au Brésil,‭ ‬a contraint les‭ ‘‬Ne-kongo‭’ ‬a adopté un autre moyen d'échanges‭ ‬:‭ ‬les tissus confectionnés‭  ‬avec les fils du raphia‭ "‬mbadi‭" ‬ou‭ "‬mbongo‭"(‬3‭)‬.
Les premières pièces métalliques furent introduites au Kongo dès le XVe s par les portugais,‭ ‬les plus connus sont les reis‭ (‬monnaies en pièces de‭ ‬5,‭ ‬10,‭ ‬et‭ ‬20‭ ‬reis‭)‬.‭  ‬Les rois qui se sont succédés au Kongo se firent frapper chacun la monnaie à sa convenance,‭ ‬le plus marquant est Joseph‭ ‬1er‭ (‬1778-1784‭) ‬qui frappa le‭ "‬macuta‭" (‬un‭ "‬macuta‭" ‬valait‭ ‬50‭ ‬reis‭)‬,‭ ‬qui va circuler jusqu'à la création de l'État Indépendant du Congo‭  ‬fut émit en‭ ‬1762.‭
Il a fallu attendre‭ ‬1887‭ (‬le‭ ‬27‭ ‬juillet‭) ‬pour voir des vraies bases du système monétaire qu'il a fallu des mesures coercitives pour les faire accepter à une population habituée au troc et autres instruments et moyens d'échange‭ (‬4‭)‬.


                                   Croyance
    Le‭ «‬ Muntandu ‭» ‬croit en un Dieu unique,‭ ‬Esprit invisible,‭ ‬à la fois très éloigné,‭ ‬omniprésent,‭ ‬omniscient et omnipotent‭ ‬:‭ ‬"Nzambi Mpungu Tulendo‭"‬.‭ ‬Il est l’Insaisissable,‭ ‬l’Inébranlable,‭ ‬Créateur de l’univers des êtres visibles et invisible‭ (‬des esprits‭)‬.‭ ‬Dieu est Un et de lui émane toute la puissance qui meut tout être.‭
La création est parfaite en soi,‭ ‬tout dans l'univers est vie,‭ ‬meut par L'Être suprême.
Le monde est un tout divisé en‭  ‬deux parties :‭ ‬le‭ ‬monde visible qui et le demeure des êtres vivants‭ (‬symbolisé par la couleur noir‭) ‬et le monde invisible‭ (‬monde de morts‭) ‬où résident les esprits‭ (‬symbolisé par la couleur blanche‭)‬.

‭    ‬Le‭ ‬monde visible,‭ ‬le monde de tout ce qui est perceptible à l'œil nu,‭ ‬le monde de l'humain,‭ ‬monde de vivants.‭ ‬Ce monde est constamment influencé par le monde des esprits.‭  ‬Il n’y a aucune incompatibilité entre les deux mondes aussi longtemps que le monde visible est la réalité du monde spirituel,‭ ‬il y a du spirituel dans le matériel.‭
On y distingue‭ ‬:‭
    * des‭ ‬végétaux,‭ ‬sont des êtres vivants dépourvus d'âme et de souffles de vie.‭
     * des‭ ‬animaux,‭ ‬sont des êtres vivants qui ont une âme car,‭ ‬ils ont du sang mais ils sont dépourvus‭  ‬des souffles de vie.
‭    * ‬des‭ ‬hommes,‭ ‬êtres dotés d'une âme,‭ ‬de souffle de vie,‭ ‬d'intelligence et de conscience.
Cependant,‭ ‬parmi les hommes,‭ ‬il y a ceux qui sont ordinaires‭ ( ‬:‭ ‬le commun des mortels‭) ‬et ceux qui sont plus qu'ordinaires,‭ ‬capables d'avoir des relations mystiques avec le monde des esprits et le monde des morts‭ ‬:‭ ‬les génies,‭ ‬les savants,‭ ‬les‭ "‬nganga‭"‬.
‭    ‬Les luminaires‭ (‬le soleil et la lune‭)‬,‭ ‬comme tous les éléments constitutifs de l’univers,‭ ‬sont vie et peuvent avoir du caractère mais ne méritent aucun culte même si à l’apparition de la nouvelle lune,‭ ‬on est appelé à conjurer les mauvaises influences qu’elle peut avoir sur les humains.

‭    ‬Le‭ ‬monde spirituel,‭ ‬le monde de ce qui n'est perceptible à l'œil nu,‭  ‬monde de morts,‭ ‬il est le prolongement du monde visible.‭  ‬Le monde des esprits fait partie de la vie de tout le jour.‭ ‬De ce fait on doit faire attention à tout événement qui arrive,‭ ‬il n’y a pas des circonstances fortuites.‭ ‬Tout ce qui arrive‭ (‬événement et autre catastrophe‭) ‬existe d’abord spirituellement avant de se matérialiser dans le monde visible.‭
Les morts ne sont pas morts,‭ ‬mais ils vont continuer leurs existence chez les‭ '‬bambuta‭' ; ‬là ils y gardent leur liens et catégorie sociale.‭ ‬Mais seuls ceux qui ont vécu une vie sans reproche,‭ ‬conforme aux us et coutumes du clan accèderons au rang d'ancêtre du clan.
‭          
    Nzambi mpungu est un Dieu qui n'est pas accessible bien qu'il soit aussi bien immanent qu'omnipotent dans sa transcendance.‭ ‬Le‭ '‬muntandu‭' ‬,‭ ‬dans sa vie de tout le jour a besoin de son secours et de sa protection.‭
Dieu est tellement ordonné qu’Il ne peut être l’auteur de tout ce qui nuit :‭ "‬le mal‭"‬.‭ ‬On reconnaît que cela est l'œuvre des esprits diaboliques‭ (‬le diable‭)‬.‭ ‬C’est à cause de la manifestation‭  ‬du mal sous toutes ses formes,‭ ‬que l’on s’adresse aux esprits des ancêtres‭ (‬ceux qui sont morts‭)‬.‭ ‬Ils sont considérés comme étant à l’échelle supérieure que tous ceux qui vivent encore,‭ ‬et‭  ‬capables d’interférer dans les événements de la vie courante.‭ ‬Ils ont connu la réalité de la vie familiale et du clan,‭ ‬et sauront trouver les mots justes capables à déclencher la puissante intervention de Dieu.‭ ‬Les ancêtres sont donc des intercesseurs directs auprès de l'Être Suprême tout en protégeant les vivants contre les forces maléfiques.
On établit une hiérarchie des esprits :
‭        *  ‬les esprits des ancêtres :‭ ‬(n'kulu ou bakulu‭)‬ :‭ ‬ceux qui sont morts qui,‭ ‬en fait sont partis continuer leur vie de l'autre côté,‭ ‬dans l'au-delà.‭  ‬Ils se sont dépouillés de leur corps et ne se sont jamais séparés de leur clan.‭ ‬Ils y sont encore mais spirituellement,‭ ‬avec leurs qualités et leurs défauts.‭ ‬Ils peuvent revenir,‭ ‬entrant dans le corps des vivants et faire d’eux soit des gens de bien soit des sorciers,‭ ‬propagateurs des maladies et de mort.‭ ‬Mais les‭ «‬ bakulu ‭» ‬sont généralement des esprits bienheureux,‭ ‬des esprits des gens qui ont menés une bonne vie‭ (‬de bon cœur‭)‬.‭ ‬En effet,‭ ‬tout le monde ne devient pas ancêtre‭ ("‬n'kulu‭")‬,‭ ‬seuls,‭ ‬ceux qui ont mené une vie digne,‭ ‬car ils ont respecté les lois,‭ ‬les us et coutumes du clan peuvent accéder aux royaumes des‭ "‬bakulu‭"‬.‭ ‬Tous les malfaisants,‭ ‬voleurs,‭ ‬querelleurs,‭ ‬et autres transgresseurs de la loi n'y ont pas droit.‭ ‬On construit généralement un sanctuaire pour les‭ "‬bakulu‭"‬,‭ ‬une case‭ ("‬lukobi lu kanda‭") ‬dans laquelle doit officier un prêtre traditionnel pour la cohésion et le‭  ‬bien de tous.

‭        * ‬Les esprits de l’eau ‭(‬ou esprits de la nature‭)‬ :‭ ‬(bi simbi‭)‬ :‭ ‬Ces esprits résident près des cours d’eau‭ (‬dans la forêt,‭ ‬les carrières ou les montagnes‭)‬,‭ ‬et l’on croit qu’ils peuvent s’incarner dans les êtres humains particuliers comme les jumeaux,‭ ‬les albinos,‭ ‬les nains…et dans certains animaux comme le chat.‭
En général,‭ ‬on rend un culte aux jumeaux à leur naissance,‭ ‬pour conjurer leur influence sur les autres.‭ ‬Les albinos et les nains sont toujours regardés avec une quelconque méfiance.
Ces esprits peuvent être au service des sorciers pour nuire aux membres du clan.

‭        * ‬Les esprits de‭ "‬nkita‭" (‬ba nkita‭)‬.‭ ‬Ces esprits sont logés et nourris,‭ ‬on leurs construit des autels‭ (‬nzo ba nkita)et leurs rend constamment culte.‭ ‬Ils s'avèrent être plus exigeants que les‭ «‬ bakulu ‭»‬.‭ ‬Les‭ "‬nkita‭" ‬sont représentés par des pierres que l'on remonte des rivières‭ (‬parfois par les‭ '‬ta Mfumu ou‭ ‬ma Ndona‭' ‬et constituent les fétiches‭ (‬n'kisi‭)‬.‭ ‬En générale,‭ ‬on considère que c'est les‭ "‬bi-simbi‭" ‬qui constituent les‭ "‬nkita‭"‬.‭ ‬Si les‭ '‬nkita‭' ‬s'adonnent à faire régner le mal dans la famille,‭ ‬on dit que ce sont des revenants,‭ ‬les esprits de ceux qui sont privés de séjour de morts qui entent les‭ '‬nkita‭'‬.‭ ‬Certains féticheurs devins consultent ces esprits dans leurs pratiques.

‭        * ‬Les esprits de revenants‭ (‬ma tebos‭)‬ :‭ ‬ceux qui sont privés du séjour bienheureux,‭ ‬qui n'ont eu de place chez les ancêtres parce que leur vie n'a pas témoigné la grandeur,‭ ‬l'honneur et la fierté du clan.‭ ‬Ces esprits errent dans des endroits sombres comme les grottes,‭  ‬les forêts denses.‭ ‬Esprits malfaisants qui peuvent être aussi au service des personnes malfaisantes‭ ‬:‭ ‬les sorciers.

‭        * ‬Les esprits démoniaques :‭ (‬nkadi mpemba‭) ‬Ces esprits sont au service des sorciers.‭ ‬Esprits malfaisants et anonymes,‭ ‬aux services des sorciers,‭ ‬à qui l’on attribue tous les maux qui surviennent dans la vie ou dans le monde de vivants.

‭    ‬Pour combattre les esprits mauvais et se protéger de leurs influences,‭ ‬on fait appel aux connaisseurs et spécialistes de la nature,‭ ‬docteurs,‭ ‬initiés,‭ ‬génies ou savants,‭ ‬les ‭«‬ nganga ‭» ‬dont l’éthique sociale veut qu’ils travaillent pour le bien de la personne et de la communauté ou du clan.‭ ‬Certaines pratiques‭ (‬cela ne nous intéressent pas‭) ‬relevant des intérêts individuels et destructifs incitent les‭ «‬ nganga ‭» ‬à nuire et à détruire.‭
On distingue :‭
        Le‭ «‬ nganga ngombo ‭»‬,‭ ‬le devin‭ ‬dont le travail consiste à révéler les maux,‭ ‬leurs origines,‭ ‬il en définit les responsabilités,‭ ‬en désignant le coupable et les moyens pour combattre les maux.‭ ‬On consulte le devin pour tout problème social.

‭        ‬Le‭ «‬ nganga buka ‭»‬,‭ ‬le guérisseur‭ ‬dont le travail consiste à manipuler les éléments de la nature‭ (‬les plantes et autres‭) ‬pour leur valeur thérapeutique afin d’apporter des remèdes.‭
Pour soigner les maux,‭ ‬les plantes sont prises dans la nature et sont soit administrées directement aux malades,‭ ‬soit elles sont mélangées avec d’autres plantes pour en faire une décoction thérapeutique qui sera ensuite administrées aux malades.

‭        ‬Le‭ «‬ nganga n’kisi ‭»‬,‭ ‬le féticheur‭ ‬dont le travail consiste à utiliser n’importe quel élément de la nature :‭ ‬une statuette,‭ ‬un masque,‭ ‬une pierre,‭ ‬un collier,‭ ‬un bois,‭ ‬une aiguille,‭ ‬du sel,‭ ‬de l’eau,‭… ‬sur lequel le‭ «‬ nganga ‭» ‬fait transmuter,‭ ‬par une parole sacrée et secrète,‭ ‬ou par un rituel une force spirituelle agissante,‭ ‬pour constituer le‭ «‬ n’kisi ‭»‬.‭ ‬Au-delà leurs matérialités,‭ ‬ces éléments personnifiés jouent les rôles des humains.‭ ‬Ils sont commandés,‭ ‬implorés pour lier ou délier,‭ ‬agresser ou protéger,‭ ‬attaquer ou défendre des individus ou la communauté.
Le féticheur est assimilé au sorcier,‭ "‬ndoki‭" ‬:‭ ‬homme d'intelligence et aux agissements spirituels obscures et nocturnes.‭ ‬Cette intelligence ne s'exerce qu'à l'intérieur du clan,‭ ‬dans son sens positif,‭ ‬il joue le rôle du veilleur,‭ ‬gardien,‭ ‬gendarme du clan contre les prédateurs extérieurs.‭ ‬Quant à son sens négatif,‭ ‬il est lui-même le prédateur qui envoute et jette des sorts aux membres du clan ou les vend spirituellement,‭ ‬aux pirates qui viennent d’ailleurs.‭ ‬Il est dans ce cas une vraie source de misère,‭ ‬et de tout autre malédiction pour les membres du clan.
‭    ‬Le‭ «‬ nganga ‭ ‬n’kisi‭ » ‬peut être à la fois devin,‭ ‬guérisseur et féticheur.‭ ‬La combinaison de ces trois fonctions lui confère une capacité impressionnante dans sa manière d’aborder les situations.‭ ‬Dans ce ces éléments qui constituent le‭ '‬n'kisi‭' ‬deviennent des‭ "‬mpungu‭"‬,‭ ‬car ils sont considérés comme ayant un pouvoir suprême.

Comment devient on nganga‭?
    On peut acquérir la science de nganga par l'élection des ancêtres.‭ ‬Cette élection se fait,‭ ‬en générale,‭ ‬par le rêve et parfois par un brisement corporel,‭ ‬la maladie‭ (‬la folie,‭ ‬les œdèmes‭)
Quand il s'agit du rêve,‭ ‬un ancêtre qui au préalable fut nganga et qui n'a pas eu le temps de léguer sa science à un membre vivant.‭ ‬Il va le contacter en rêves et progressivement,‭ ‬il va le former.‭ ‬La personne choisie croira ne vivre que des rêves et pourtant il subit une instruction.‭ ‬L'ancêtre lui indique la manière‭  ‬à la fois de faire des diagnostics et de se comporter dans la société,‭ ‬sa déontologie et son éthique.‭ ‬La personne formée finit,‭ ‬avec le temps,‭ ‬par se conforter dans cette initiation et devenir un nganga incontesté.
Quand il s'agit d'une désignation par le brisement corporel,‭ ‬la maladie,‭ ‬le néophyte s'isole.‭ ‬Il se retire en foret.‭ ‬Là,‭ ‬dans la solitude mais en contact avec‭  ‬les ancêtres,‭ ‬il va être initié.‭ ‬Il va faire la connaissance des plantes et leur posologie‭; ‬il va acquérir le pouvoir de‭ '‬voir‭' ‬et‭ '‬d'entendre‭' ‬ce que les autres ne peuvent voir ni entendre.‭ ‬Il s'en suivra une évolution de la personnalité du néophyte‭' ‬vers une plus grande maturité et l'acquisition de qualités exceptionnelles.‭
Dans ce deux cas,‭ ‬le savoir de nganga est un don héréditaire de la famille qui ne peut s'éteindre tant qu'il y aura des membres dans le clan,‭ ‬et n'exige aucune contrepartie de la part de la personne initiée hors mis sa disponibilité.
‭    ‬Une autre façon de devenir nganga est d'acquérir cette science moyennant un moyen financier ou un sacrifice humain.‭ ‬La personne désirant devenir nganga va trouver un autre nganga.‭ ‬Ce dernier lui posera des conditions allant jusqu'au sacrifice des membres de sa famille pour lui dévoiler sa science.‭ ‬Très souvent ces nganga deviennent de sorcier et des illusionnistes capables de contourner des situations les plus délicates

        ‬Le‭ «‬ ta Mfumu ‭» ‬ou‭ «‬ ma Ndona ‭» ‬qui n’est rien d’autre qu’un prêtre‭ (‬ou une prêtresse‭) ‬traditionnel,‭ ‬dépositaire du patrimoine clanique.‭ ‬C’est lui qui assure la liaison entre les vivants et les ancêtres.‭ ‬Il est le gardien du‭ "‬lukobi lu kanda‭"‬,‭ ‬la case des‭ "‬bakulu‭"‬,‭ ‬lieu‭  ‬de cohésion de tous les membres du clan.‭ ‬Tout le‭ "‬Konso‭" (‬jour férié‭)‬,‭ "‬ta Mfumu‭" ‬ou‭ "‬ma Ndona‭" ‬doit officier et prier,‭ ‬dans le sanctuaire des ancêtres‭ (‬bakulu‭) ‬pour le bien et la cohésion de tout le clan.
Dans toutes les familles‭ '‬ba ntandu‭'‬,‭ ‬il y a,‭ ‬depuis le‭ '‬ntuka kongo‭'‬,‭ ‬un sanctuaire des ancêtres‭ "‬lukobi lu kanda‭"‬,‭ ‬tenu par‭ "‬ta mfumu‭" ‬et‭ "‬ma ndona‭"‬.‭
C'est la première‭ "‬ngudi‭" (‬mère‭) ‬d'un lignage qui donne le garçon pour qu'il soit sacré‭ ‬'ta mfumu‭'‬,‭ ‬la deuxième‭  "‬ngudi‭" (‬mère‭) ‬donne une fille au service de‭ '‬bakulu‭'‬,‭ ‬elle devient‭ ‬'ma ndona‭'‬.
Cependant il peut arriver que la chaîne de‭ '‬ki mfumu‭'‬ et‭ ‬'ki ndona‭'‬ (prêtre traditionnel‭) ‬dans un clan,‭ ‬soit brisée du fait d'une disparition brusque de‭ ‬'ta mfumu‭'‬ ou‭ ‬'ma ndona‭'‬ en service(c’est le cas de ma famille‭)‬.‭ ‬Ce dernier n'a pu léguer sa mission et/ou,‭ ‬on n'a pas eu le temps de consacrer des successeurs à ce service.‭ ‬Dans ce cas seul le sanctuaire des ancêtres,‭ "‬lukobi lu kanda‭" ‬subsistera,‭ ‬mais sans prêtre‭ (‬'ta mfumu‭' ‬ou‭ '‬ma ndona‭'‬) pour en assurer le service.‭ ‬Quelques membres du clan‭ (‬peut-être les plus courageux ou les plus convaincus‭) ‬peuvent s’exercer spontanément à exalter les‭ «‬ bambuta ou bakulu ‭»‬,‭ ‬pour le bien et la cohésion de tout le clan.
‭    
        Le‭ "‬ngunsa‭"‬,‭ ‬le prophète‭ ‬:‭ ‬il est un gourou et revendique un pouvoir spirituel différent de celui d’un‭ «‬ nganga ‭»‬.‭ ‬Chrétien,‭ ‬c'est l’Esprit Saint qui agit par son intermédiaire.‭ ‬Pour bénéficier de la protection d’un prophète,‭ ‬il suffit d’être à sa suite,‭ ‬de renoncer à toutes les pratiques de‭ «‬ nganga ‭» ‬ou pratiques magiques,‭ ‬qu’elles soient bonnes ou mauvaises.‭ ‬Ainsi le‭ «‬ ngunsa ‭» ‬conteste les fondements et l’efficacité des pratiques de divination et de médecine traditionnelle.‭
La communauté fondée par Tata Ghonda Wasilua Wangitukulu‭ (‬en‭ ‬1950‭) ‬s’est distinguée par son style.‭ ‬Les adeptes portent de raphia‭ (‬par référence aux habits des ancêtres‭) ‬et s’interdisent toute modernité caractérisée par la domination coloniale.‭
Cette communauté devenue aujourd'hui Église du Saint Esprit,‭ ‬n'a pratiquement pas trahit la vision de son fondateur,‭ ‬sauf en tant qu'Église,‭ ‬elle est ouverte aux nouvelles conditions d'existence,‭ ‬donc ouverte aux nouvelles manières de confronter le défis des problèmes de la société.‭
D’autres mouvements‭ «‬ ngunzistes ‭» ‬qui ont subi l’influence du kimbanguisme comme‭ «‬ l'Église de Kaki,‭ ‬L'Église des noirs ‭» ‬fondée par Simon Mpadi‭ (‬en‭ ‬1939‭) ‬était un mouvement plutôt altruiste et politique.‭ ‬Mouvement de l’élévation spirituelle dont le programme était la libération et l’accession à l'auto gouvernement,‭ ‬l’égalité des blancs et des noirs et,‭ ‬la revalorisation des droits à la dignité.

‭        ‬Le‭ «‬ nganga Nzambi ‭»‬,‭ ‬le prêtre‭ ‬ou‭ ‬le pasteur‭ ‬:‭ ‬Messager de la Bonne Nouvelle‭ ‬:‭ "‬L'Évangile‭"‬.‭
Contrairement au‭ «‬ Ngunsa ‭» ‬qui protège ceux qui accourent vers lui,‭ ‬le prêtre ou le pasteur ne protège pas personnellement mais exhorte le peuple de Dieu à connaître et à accepter Jésus Christ dans leur vie et leur corps comme le seul Seigneur et Sauveur.‭ ‬En Lui est la vie,‭ ‬le salut.‭ ‬Ceux qui l’acceptent ainsi doivent renoncer à tout ce qui nuit à la vie et vivre selon la norme de l'Évangile.‭ ‬Cependant cette christianisation‭  ‬a été viciée par l'intention de se servir,‭ ‬de dominer,‭ ‬d'exploiter,‭ ‬de coloniser.‭ ‬L'intention initiale du message évangélique a forcément été pervertie par le souci colonisateur de civiliser le peuple‭ ‘‬Ne-kongo‭’ ‬et le‭ ‘‬Muntandu‭’‬.‭
Mais celui qui a cru en Jésus Christ est réconcilié dans son corps‭ (‬de Jésus‭)‬.‭ ‬En se livrant à la mort sur la croix,‭ ‬Jésus Christ fait de celui qui a cru en lui un saint,‭ ‬sans reproche,‭ ‬ni tâche.‭ ‬Aucune malédiction,‭ ‬aucune puissance maléfique,‭ ‬aucun envoûtement n'a d'emprise sur lui.‭ ‬C'est à lui de persévérer dans cette foi et cette espérance se gardant de toute philosophie relevant de la tradition humaine et esclavagiste.‭
    L'homme n'a plus besoin d'intermédiaire pour s'adresser à Dieu.‭ ‬En Jésus Christ,‭ ‬il a la possibilité d'entrer lui même en contact avec l'Être Suprême,‭ ‬Nzambi Mpungu,‭ ‬et lui adresser ses vœux.‭ ‬Jésus Christ est Le Fils de Dieu en qui Il a tout remis,‭ ‬le seul en qui l'immanence de Dieu est manifeste.‭ ‬Nzambi Mpungu Tulendo est accessible en Jésus Christ.

‭    ‬Pour devenir prêtre,‭ ‬il faut d'abord un appel intérieur et extérieur,‭ ‬de Dieu et de l'Église.‭ ‬Un simple désir ne suffit pas,‭ ‬il faut aussi une équilibre psychologique,‭ ‬une maturité affective et un bon jugement‭; ‬une foi solide et un sens de l'Église‭; ‬une vie spirituelle profonde et un niveau intellectuel conséquent.
Au cours de sa formation qui dure au moins six années,‭ ‬le futur prêtre reçoit dans un séminaire,‭ ‬une éducation à la fois humaine,‭ ‬spirituelle,‭ ‬intellectuelle que pastorale.‭ ‬Il devient prêtre par l'ordination et la consécration par un évêque.
Le prêtre est aussi un pasteur,‭ ‬un berger qui pait les brebis du Seigneur,‭ ‬les conduit,‭ ‬les nourrit et prend soin d'elles.‭ ‬Pour cela il se doit d'être honnête,‭ ‬humble,‭ ‬sobre,‭ ‬d'une grande écoute et d'une bonne probité morale.‭ ‬Ces qualités ne peuvent certainement pas être acquises par une formation universitaire mais par une onction particulière du Seigneur.‭ ‬Certaines familles d'églises,‭ ‬d'ailleurs,‭ ‬ne se limitent qu'à cette particularité car pense t'on,‭ ‬il n‭' ‬y a pas de prêtrise d'exception réservée aux intellectuels,‭ ‬tout baptisé est investi des pouvoirs du Christ,‭ ‬au risque de voir des pasteurs autoproclamés leaders et seuls intermédiaires auprès des Dieu.
‭    ‬Quant à l'Église,‭ ‬sa mission première est d'annoncer la Bonne Nouvelle,‭ ‬sauver les âmes.‭ ‬Cependant elle reste le lieu d'expression de foi qui réunit des hommes ayant une même foi pour le salut de toute l'humanité,‭ ‬sans distinction de tribu,‭ ‬ni de race.
L'Église Catholique,‭ ‬dans le territoire ntandu,‭ ‬avait pris une tendance révolutionnaire et progressiste.‭  ‬elle avait amorcé‭  ‬assez vite une politique d'ouverture à l'égard des autochtones.‭ ‬En‭ ‬1956,‭  ‬l'abbé Pierre Kimbondo,‭ ‬fut ordonné évêque du diocèse de Kisantu.‭ ‬Aussi l'Église s'est africanisée,‭ ‬d'abord par la réhabilitation des cultures africaines dans les célébrations liturgiques et par la construction du grand séminaire.
D'autres familles d'églises de développent dans tout le district‭  ‬de la Lukaya.

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                              La prière
    
     Elle est une démarche gratuite,‭ ‬une recherche d'une relation de confiance qui apporte à la fois de la force et une détente,‭ ‬tout en mettant la personne dans une attitude d'espérance visant à entretenir un sentiment d'union avec la personne à qui la prière est adressée.‭ ‬Elle peut être individuelle ou collective,‭ ‬spontanée ou rituelle.‭ ‬Elle se présente sous plusieurs formes:‭ ‬demandes,‭ ‬gratitudes,‭ ‬louange,‭ ‬complainte...
Cependant la forme des prières de demande et d'action des grâces est la plus dominante et s'allie au langage du corps,‭ ‬au geste‭  ‬et à la danse.‭ ‬Elle est pragmatique car elle évoque toujours la condition humaine mais orientée vers la transcendance.‭ ‬Elle passe parfois comme mode de compensation,‭ ‬une reconnaissance de ce que l'on reçoit,‭ ‬soit de Dieu par le concours des ancêtre.‭ ‬De ce fait,‭ ‬on boit du vin de palme ou autre boisson,‭ ‬on verse un petit peu sur la terre en guise de remerciement aux ancêtres.
Dans toute prière,‭ ‬en générale,‭ ‬on marque la proximité des ancêtres qui sont invoqués,‭ ‬ils sont présents,‭ ‬ils voient,‭ ‬ils comprennent,‭ ‬et par conséquent ils doivent intervenir pour apporter leur soutient en vue du bien et la cohésion des tous les membres du clan.
‭    ‬Si le christianisme est un élément nouveau introduit dans le schème de la croyance‭  ‬Ne Kongo‭  ‬en générale et muntandu en particulier,‭ ‬cette nouvelle conception de rapport entre l'homme et Dieu,‭ ‬rapport désormais direct,‭ ‬ne l'éloigne pas de sa vision globale de la vie.‭ ‬On trouve beaucoup de similitudes entre la vision kongo du monde et la vision chrétienne.‭
On ne manquera pas de noter ici,‭ ‬la valeur la plus originale qui est celle du sens de la vie communautaire et solidaire.‭ ‬Car‭  ‬être isolé c'est déjà mourir.‭ ‬Alors que la société occidentale dite moderne,‭ ‬recherche la solidarité,‭ ‬même chrétienne,‭ ‬parfois sous formes autoritaires,‭ ‬nous trouvons dans nos sociétés traditionnelles‭ (‬comme chez les bantandu‭) ‬un style de vie qui apporte une expérience unissant le respect de la personne et la cohésion du groupe.




                     LUSAMBULU

Mu konso kinsunsa,  bambuta, go mpi batata ye ba mama (bamfumu  zi kanda)
ba fuete samba ye sambula bana bau.
Kisambu kina ndomba, ye lusambulu go mpi nzodila yi bazodila ku muntu yu basambila.
Tala mbandu i mbote yi nzodila go i lusambilu lukala tuka muna tuka : 

    Telama, sambuka ye sakumuka                  
    Sala ye kela
    Buta ye lela
    Diata kititi kitoloka
    Vonda kiti kifokoka, mu kutoloka mpanda ye n'longo
    Goga diambu di tonda ba mpati ye ba nganga
    Tobula ngosi, tobula ngo
    Go kondele, ba ku kabila
    Kike, ba ku yikila
    Leka bwo, sikama n'tangu n'lungu
    Yela, kuba, diatila muna binkosi
    Mona batekolo ye ntekololo !


Go luwidi na kooo ! disolokele !

 
‭           L'individu ‭«‬ Muntandu ‭»
     Il se définit en tant que membre d'un groupe,‭ ‬d'une famille et d'un clan,‭ ‬le groupe l'assure,‭ ‬le rassure et lui donne les orientations existentielles.‭ ‬En dehors de ce cercle,‭ ‬il ne trouve aucun équilibre,‭ ‬il est perdu.‭ ‬C'est au sein du clan que l'individu trouve à la fois son épanouissement,‭ ‬son équilibre,‭ ‬sa protection‭  ‬mais aussi son anéantissement du fait que c'est au sein de la famille,‭ ‬du clan que vienne la destruction de la personne par la sorcellerie.‭ ‬En effet,‭ ‬on considère que le sorcier n'agit qu’à l'intérieur du clan,‭ ‬de la famille ou par le canal d'un de ses membres.
‭    ‬L'individu‭ ‘‬muntandu‭’ ‬n'est réellement homme‭ ("‬muntu‭")  ‬que parce qu'il est l'ensemble des quatre éléments substantiels qui sont‭ ‬:‭ ‬le corps,‭ ‬l'âme,‭ ‬le souffle de vie‭ ‬et‭ ‬le nom.
‭    ‬*Le corps‭ (Nitu) ‬:‭ ‬c'est la partie visible de l'homme,‭ ‬l'enveloppe qui porte les restes des éléments.‭ ‬C'est ce que nous voyons quand nous contemplons l'être humain.‭
La partie la plus visible est la peau.‭ ‬Cette partie reste en contact permanent avec les éléments de la nature.‭ ‬Il y a d'autres parties dans le corps comme la chaire,‭ ‬les veines...
‭    * ‬L'âme(moyo) et le double de l'^ame (Mfumu Kutu)  ‬:‭ ‬c'est le contenu du sang,‭ ‬le double de l'homme,‭ ‬principe moteur de vie.‭ ‬En effet on considère que toute perte de sang fait souffrir et affaiblit l'âme.‭ ‬C'est pourquoi,‭ ‬on ne peut en aucun cas verser du sang‭ (‬surtout du sang humain‭)‬,‭ ‬il est un élément sacré.‭ ‬Pour manger de la viande par exemple,‭ ‬il faut la cuire très longtemps pour éliminer le sang,‭ ‬siège de l'âme.‭ ‬Et,‭ ‬pour partir à la chasse,‭ ‬on prend soin de demander aux ancêtres de n'accorder que le gibier dont on a besoin,‭ ‬pour ne pas verser du sang animal en vain.‭
Comme l'âme réside et se développe dans le cœur qui est le lieu du vouloir humain,‭ ‬l’état d’âme d’une personne est déterminé par son état du cœur,‭ ‬c’est selon qu’on agit bien ou mal‭ ‬.‭ ‬L’âme étant le double de l’homme,‭ ‬celui qui souille son corps,‭ ‬souille son âme.‭ ‬On qualifie le sorcier comme un homme de mauvais cœur,‭ ‬et celui qui fait de mauvaises choses comme le sorcier.
 Le double de l'^ame (Mfumu Kutu) est celui qui se développe quand on fait des visions et de r^eves...
‭    * ‬Le souffle de vie‭ (Muela)‬:‭ ‬c'est ce qui différencie l'homme de l'animal‭ (‬l'animal respire mais n'a pas de souffle de vie‭)‬.‭ ‬Le souffle de vie et l'âme constituent les éléments les plus importants du corps humain,‭ ‬ils régulent tout l'être humain.‭ ‬La pensée,‭ ‬le pouvoir,‭ ‬la puissance,‭ ‬l'intelligence sont du domaine de ces deux éléments qui se confondent et s'interpénètrent.‭ ‬Le corps ne concrétise que ce qui provient de l'âme et du souffle de vie.
‭    * ‬Le nom(Zina) ‬:‭ ‬c'est ce qui donne de l'individualité et la personnalité à l'homme.‭ ‬Chez le‭ «‬ bantandu ‭» (‬comme chez le‭ ‘‬ne-kongo‭’)‬,‭ ‬l'homme doit porter deux types de nom‭ ‬:
‭    ‬+‭ ‬Le premier est d'usage courant‭ ‬:‭ ‬c'est le nom que l'on porte pour être identifié en tant qu'individu particulier,‭ ‬le qualifiant et le désignant par rapport aux autres individus.‭ ‬Par exemple mon nom est‭ ‬:‭ ‬Ernest Ntete Nlandu Matondo,‭ ‬ce nom‭  ‬me distingue de mon frère aîné‭ ‬Roger‭ ‬Ntete et de mon ami‭  ‬Jean-Laurent Nlasa.
‭     ‬+‭ ‬Le deuxième nom n'est pas d'usage courant et,‭ ‬est précédé d’une particule et/ou lié au luvila.‭ ‬Il est un nom circonstancier,‭ ‬on ne l’utilise que pour des événements important tels les mariages,‭ ‬les deuils et autres cérémonies.‭ ‬Ce nom définit l'individu par rapport à son clan.‭ ‬Par exemple mon premier nom est‭ ‬:‭ ‬Ernest Ntete Nlandu Matondo,‭ ‬mon deuxième nom est‭ ‬:‭ ‬Mfumu Nanga-zi-Kongo ‭; ‬ce nom est le même que celui de mon frère‭ ‬Roger Ntete,‭ ‬mais différent de celui de‭ ‬Mr Jean-Laurent Nlasa,‭ ‬dont le deuxième nom est‭ ‬Mfumu Nsona Nkengi Ilawu‭(‬5‭)‬.

Événementielles

Naissance :‭
    L’enfant qui vient au monde est une création de Dieu,‭ ‬un don des ancêtres.‭ ‬Il est en quelque sorte une réincarnation d’un ancêtre.‭
A la naissance d'un enfant,‭ ‬en générale,‭ ‬la grand mère,‭ ‬en tout cas une femme assez âgée,‭ ‬apporte les premiers soins de la vie.‭ ‬En effet,‭ ‬elle détient à la fois le savoir et le pouvoir de communier avec les ancêtres.‭ ‬On remarque dans certain cas,‭ ‬la grand mère puiser dans la nature quelques ingrédients nécessaires à la protection de l'enfant qu'elle mettra dans l'eau du premier bain,‭  ‬fredonnant quelques mélodies sensées invocatrices de la protection des ancêtres.‭  
Jusqu'à sa troisième lune‭ (‬l'équivalent de trois mois‭)‬,‭ ‬l'enfant doit rester à la maison,‭  ‬loin de regard du public.‭ ‬En effet il est considérer comme un être encore cosmique‭ ‬:‭ "‬enfant‭ ‬de l’eau ‭» ("‬mwana masa‭")‬,‭ ‬un être qui n'est pas constitué,‭ ‬un être qui n'est pas social.
‭    ‬A l'issue de cette période de trois lunes,‭ ‬on le fait apparaître au public dans la cérémonie de‭ "‬sortie de l'enfant‭"‬.‭ ‬On lui attribue un nom personnel,‭ ‬le confirmant dans son état d'individu.‭ ‬Le terme‭ "‬tombula zina‭" ‬utilisé pour donner le nom à l'enfant témoigne le fait‭ ‬faire sortir‭  ‬l'enfant de l'état d'être non social à l'état d'un être social et,‭  ‬le fait d’élever le nom d’un ancêtre ou d’un vieux‭ (‬ancien‭) ‬de la famille à qui l’enfant est dédié.
Pour attribuer un nom à un enfant,‭ ‬on va jusqu’à chercher à identifier une ressemblance physique avec un ancêtre.‭ ‬Le nom de l'ancêtre‭ (‬ou de l'ancien‭) ‬est donné au nouveau-né et par ce fait on espère qu’il hérite les caractères de cet ancêtre ou de cet ancien.‭ ‬En effet,‭ ‬donner un nom au nouveau né,‭ ‬c’est pouvoir identifier l’être qui fait sa réapparition dans la famille,‭ ‬c’est communiqué avec le monde des esprits.‭
Le nom reste à la fois un symbole d’ouverture et signe de prédétermination.‭ ‬De ce fait,‭ ‬le nom que l'on donne à l'enfant doit désigner une réalité positive en raison de son influence dans la vie de l'enfant.‭ ‬Toutefois,‭ ‬on tient compte des prémonitions et de toutes les circonstances de la vie familiale pour attribuer le nom à l'enfant.‭ ‬Quoi qu’il en soit le nom reste‭  ‬une partie intégrante de l’individu,‭  ‬il fait sa force,‭ ‬sa fierté,‭ ‬son individualité,‭ ‬sa personnalité.
‭    ‬Les missionnaires ont combattu cette pratique qu’ils ont jugé contraire à la civilisation évangélique.‭ ‬Lorsque l'on baptise un nouveau né,‭ ‬on lui attribue le nom du saint du jour.‭ ‬Ainsi on se souviendra du jour de la naissance de l’enfant tout en se démarquant de la tradition.‭  

Les enfants masculins sont circoncis dès leur très jeune âge.‭ ‬Nous n’avons pas de souvenir‭  ‬des cas d’excision chez les filles‭ ‘‬ntandu‭’‬.

‭    ‬Les jumeaux‭ ‬:‭ ‬sont fêtés‭ (‬on leur rend un culte‭) ‬à leur naissance,‭ ‬car ils sont pris comme signe d'une fécondité débordante et porteurs de la chance à leurs parents,‭ ‬cependant,‭ ‬on pense qu‭’ ‬ils sont dotés d'un pouvoir à jeter des sorts.‭ ‬On fête leur naissance en se badigeonnant le front de deux trait blanc‭ (‬avec de la chaux‭) ‬et,‭ ‬parfois,‭ ‬sur le dos des mains pour les hommes surtout.‭ ‬Une maman des jumeaux dirigera le rituel des danses parfois obscènes avec des paroles grossières‭ (‬à la maison de nouveaux nés‭) ‬pour confondre les éventuels sorciers,‭ ‬honorer les ancêtres mais aussi pour conjurer des éventuelles influences que ces enfants pourront avoir sur les autres.
‭ ‬On donne le nom de‭ ‬:‭ ‬Nsimba,‭ ‬à‭ ‬l'aîné des jumeaux
‭                                         ‬Nzuzi,‭ ‬au cadet‭ (‬des jumeaux‭)
                                         N'landu,‭ ‬l'enfant qui vient après les jumeaux
‭                                        ‬Lukombo,‭ ‬le suivant et s’il y en a qui vient encore après on l’appellera‭
                                      
  Ngisila.
‭    


Éducation‭   ‬:
‭    ‬Le‭ "‬Muntandu‭" ‬est soucieux de transmettre à son enfant les idéaux qui façonnent l'individu par la douceur,‭ ‬par la patience,‭ ‬mais aussi par la fermeté qui exige des sanctions parfois sévères.‭
L‭''‬éducation de l'enfant est sous la responsabilité des parents.‭ ‬Le papa lui transmet à la fois la connaissance de la nature,‭ ‬le savoir vivre‭ (‬le respect des hommes et des choses‭) ‬et le savoir-faire‭ (‬construire une maison,‭ ‬chasser,‭ ‬pêcher,‭ ‬cultiver la terre,‭ ‬récolter...‭)
L'enfant appartient aussi au clan,‭ ‬cela implique que tout membre du clan peut intervenir dans l'éducation de l'enfant,‭ ‬tout pour que l'enfant acquière la bonne compréhension des choses c'est-à-dire des différents préceptes‭  ‬telles‭ ‬:
‭    * ‬Le respect de la vie‭ ‬:‭ ‬la vie est sacrée,‭ ‬elle est donnée par Dieu et nul n'a le droit de l'ôter.‭ ‬Nul n'a le droit de faire couler le sang humain,‭ ‬ce dernier est intimement lié à l'âme,‭ ‬principe de vie.‭ ‬A la chasse par exemple,‭ ‬on ne tue que le gibier‭  ‬dont on a besoin,‭ ‬ayant soin d'invoquer au préalable le concours des ancêtres,‭ ‬le respect de la vie implique le respect de la mort.
‭    * ‬Le respect des parents‭ ‬:‭ ‬qui sont des dieux sur terre et des anciens‭ ‬:‭ ‬ils ont la connaissance et la science.‭ ‬Ce sont eux qui transmettent tout le savoir aux jeunes.
‭    * ‬Le respect de bien d'autrui et des biens publics‭ ‬:‭ ‬ce qui ne t'appartient pas n'est pas de à toi et de bien public‭ ‬:‭ ‬le bien commun est à la fois moi et à tous.‭ ‬C'est l'art de vivre en communauté,‭ ‬dans l'harmonie,‭ ‬la cordialité et l'entente sociale.
‭    * ‬Le respect de la parole donnée‭ ‬:‭ ‬qui se traduit par l'honneur,‭ ‬la fierté est une des qualités que l'on retient chez les‭ ‘‬bantandu‭’‬.
‭    * ‬Le respect des règles‭ ‬:‭ ‬les règles établies doivent être respectées au risque de voir les gens se disputer...
‭    * ‬Aimer la vérité‭ ‬:‭ ‬on se méfie toujours des menteurs comme de politiciens
‭    * ‬Montrer de la pudeur en toute circonstance
‭    
    "Kimpasi‭" ‬est l'école initiatique qui n'est rien d'autre qu'un procédé visant à assurer le maintien en état de la société,‭ ‬un instrument de défense et de conservatisme.‭ ‬Trois mouvements soutiennent ce rituel d'initiation‭ ‬:
‭* ‬une mort symbolique,‭ ‬au cours de laquelle les jeunes sont dépouillés puis transportés jusqu'à l'abri qui leur est réservé pour l'initiation.
‭* ‬là,‭ ‬ils sont ramenés symboliquement à la vie,‭ ‬né de nouveau,‭ ‬ils vont participer à l'initiation proprement dit en récitant des formules civiques et un entraînement au langage secret.
‭*‬le troisième mouvement correspond à la sortie des initiés et à l'accueil dans le village,‭ ‬dans la société des adultes.
L'éducation est fondée sur une littérature qui ne se situe pas en marge de la vie,‭ ‬elle s'associe des récits,‭ ‬des proverbes et des chants...jusqu'aux chants d'amour évoquant l'érotisme.‭ ‬L’objectif visé par cette initiation,‭ ‬qui par son nom évoque la souffrance‭ (‬mpasi‭)‬,‭ (‬contrairement à l’instruction donner par le colon,‭ ‬qui est une vraie fracture sociale‭) ‬est de transformer l’individu pour une émergence d’une conscience supérieure au-delà de toutes les différences et inégalités.
Les missionnaires ont combattu cette institution qu'ils ont jugée comme obstacle à la civilisation moderne et contraire aux normes de l'Église.
‭    ‬Aujourd'hui,‭ ‬l'éducation de l'enfant est toujours à la charge des parents.‭ ‬L'enfant est envoyé à l'école par les parents qui font le nécessaire pour que leur enfant ait la meilleure‭  ‬formation.‭ ‬Les missionnaires ont implanté presque partout des écoles de renom.‭ ‬Nous avons vu dans le précédant chapitre que le District de Lukaya,‭ ‬pays‭ "‬Ntandu‭" ‬possède des écoles primaires et secondaires,‭ ‬collèges et lycées qui ont formé des personnalités de toutes les provinces du pays,‭ ‬grâce à un enseignement de grande qualité‭ ‬:‭ ‬le Grand Séminaire de Mayidi,‭ ‬le Petit Séminaire de Lemfu,‭ ‬le Collège moderne Scientifique‭ (‬CMS‭)‬,‭ ‬le collège Notre Dame de Mbanza Mboma,‭ ‬le Collège Saint Pierre de Kisantu,‭ ‬l'Institut Christ-Roi de Lemfu,‭ ‬l'Institut Technique Professionnelle d'Outils,‭ ‬Mécanique et Construction de Kisantu,‭ ‬l'Institut Techniques Médicales de Kisantu,‭ ‬l'Institut Kavwaya et tant d'autres écoles primaires et secondaires auxquels viennent s'ajouter les Instituts Universitaires‭ (‬Université Kongo/Campus de Kisantu‭) ‬:‭ ‬Faculté de Médecine,‭ ‬Faculté des lettres,‭ ‬Faculté d'Agronomie‭; ‬l'Institut Supérieur des Techniques Médicales‭; ‬l'Institut Supérieur de Génie Commercial‭; ‬l'Institut Supérieur de Développement.‭ ‬Notons que la majorité des infrastructures scolaires sont des œuvres laissées par les missionnaires jésuites,‭ ‬aujourd'hui sous la responsabilité des associations sans but lucratif catholiques et autres.


 
                         Le mariage

    
     Le mariage apparaît à la fois comme un acte conjugal et social car il est l'union des deux personnes‭ ‬:‭ ‬un homme et une femme‭; ‬et une alliance entre quatre familles,‭ ‬les deux familles de la femme‭ (‬côté père et côte maman‭) ‬et les deux familles de l'homme‭ (‬côté papa et côté maman‭)‬.‭ ‬Cette relation s'étend aux clans,‭ ‬se perdant dans un cercle de parenté contenant les familles du grand-père maternel et paternel de l'époux,‭ ‬ainsi que les familles correspondantes de la femme.
Chez les‭ ‘‬Ne-kongo‭’‬,‭ ‬l'institution du mariage est vécue de la même façon à quelques variantes près.
La bénédiction des deux familles‭ (‬paternelle et maternelle‭) ‬est sacrée et,‭ ‬est bénédiction divine.
En effet,‭ ‬cette union est indestructible et unique,‭  ‬surtout si de cette union des enfants sont nés.‭ ‬Le mariage garanti la pérennité des familles.‭
La dot n'est absolument pas une‭ "‬vente‭" ‬de la femme à son mari,‭ ‬elle appartient toujours à sa famille,‭ ‬celle de son oncle maternel.‭ ‬Cette dot n'est pas seulement constituée de l'argent mais de l'ensemble des choses que la famille de la fiancée adresse dans une liste à la famille du fiancé quelques temps avant la date prévue de la cérémonie.‭ ‬La transmission de cette liste est une phase importante dans la conclusion du mariage.‭ 

Les fiançailles
    Lorsque le choix du garçon est fixé sur une fille‭ (‬ou même lorsque le choix de la famille du garçon est fixé sur une fille,‭ ‬car la famille peut aussi choisir la femme pour son garçon‭)‬.‭ ‬Son oncle,‭ ‬ou le‭ "‬Nzonzi‭" ‬qu'on s'est choisit fait avertir la famille de l'intéressée de sa prochaine visite,‭ ‬ainsi que le motif de celle-ci.‭ ‬Dans la lettre on y met une petite somme d'argent pour faire valoir sa demande.
Pour qu'un mariage soit effectif,‭ ‬il faut‭ ‬:
‭    ‬Que la fille soit pubère,
‭    ‬Que la dot soit complètement versée
    Que,‭ ‬surtout la fille donne son consentement.
‭ ‬Les négociations préliminaires seront menées par les notables,‭ ‬les‭ "‬Nzonzi‭" ‬des deux familles,‭ ‬ils refont l'histoire de deux familles,‭ ‬une mise en scène traditionnelle à laquelle les deux familles se plient volontiers.‭ ‬Au cours de cette première entrevue on verse ordinairement un premier cadeau qui est un gage,‭ ‬une promesse de mariage‭ ‬:‭ ‬de‭ ‬l'argent pour les fiançailles,‭ ‬de la boisson‭ (‬pour entrée chez la belle famille,‭ ‬pour le suivi de la lettre,‭ ‬pour la demande de la main,‭ ‬pour les fiançailles et pour la dispersion des courtisans‭) ‬et une bague qui n’est pas obligatoire.

Le mariage‭   
    C'est durant la cérémonie des fiançailles que l'on demande la liste de choses nécessaires pour la conclusion du mariage‭ ‬:‭ ‬la dot.‭ ‬Celle-ci n'étant qu'un gage de bonne foi et de conclusion de l'alliance entre les deux familles,‭ ‬elle ne doit pas être versée en fonction de la quantité.‭ ‬Elle est essentiellement symbolique.‭ ‬Elle est versée à la famille responsable de la fille.‭ ‬Elle comprend donc la‭ ‬"monnaie de mariage‭"‬,‭ ‬la boisson,‭ ‬une couverture,‭ ‬des chaussures,‭ ‬une mouchoir de tête,‭ ‬un pagne avec une blouse,‭ ‬un costume avec chemise et cravate,‭ ‬une lampe Coleman,‭ ‬une veste imperméable,‭ ‬des noix de cola,‭ ‬du sel,‭ ‬du sucre,‭ ‬des allumettes‭ (‬ou poudre de chasse‭)‬,‭ ‬du café,‭ ‬un bouc...‭ ‬certains objets constituant la dot sont donnés‭  ‬en double‭ ( ‬pour le papa et pour la maman‭) ‬et parfois pour la tante paternelle‭ ‬:‭

    Pendant ce cérémonial,‭ ‬la fille‭ (‬fiancée‭) ‬doit être cachée dans la chambre,‭ ‬elle ne doit en aucun cas assister à ces négociations.‭ ‬Après que toutes les choses de la dot aient été données,‭ ‬la tente ou quelqu'un de sa famille ira la chercher moyennant une taxe‭ ‬"kikaku‭"‬.‭
A son arrivée devant l'assemblée,‭ ‬le‭ '‬nzonzi‭' ‬lui demandera de choisir et présenter son‭  ‬mari à l'assemblée,‭ ‬lui servant un verre de boisson.‭ ‬La fille servira aussi un verre à son père‭ (‬au parent paternel‭)‬,‭ ‬une façon de montrer son consentement.‭  ‬Les notables et toutes les deux familles prononceront une bénédiction sur le jeune couple.
Les tables seront dressées pour les participants et pour les mariés,‭ ‬le‭ ‬"nzonzi‭"‬ de la famille de la fille donne le ton,‭ ‬goûte la nourriture avant de la servir à tous...‭ 
A la fin du repas,‭ ‬la famille du mari doit partir avec tout‭  ‬le reste de la nourriture.
Après la conclusion du mariage,‭ ‬la famille de la mariée iront apporter les ustensiles de cuisine‭ (‬casseroles et couverts‭) ‬avec une chèvre chez la fille.‭ ‬Cela peut se faire même quelques jours plus tard.
Le régime matrimonial est matrilinéaire‭ (‬cela a été traité au précédent chapitre‭)‬.

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                         LONGO

             Longo luna kimvuka ki bantu  bole (muana n'keento ye muana yakala). Kadi ba bole bazolene ye bazolele ganga kanda. Kimvuka kio ka kina mu diammbu di ba bole kaka ko. Kansi kimvuka mpi ki ma kanda mole (kanda di muana n'kento ye kanda di muana yakala). Idina go muana yakala zayikisi ku babani nsatu zi kukuela n'kento yo kamonene yani go mpi yo ban'muenene. Kanda diani bafuete tesa n'lesi ye kanda di n'kento, mu kusa bazaya keti nkatu kimpangi gana kati ki ma kanda mo ma mole go mpi katu nkindu go diambu din'kaka difuete  gana kiketa mu longo lolo.
    Go kiketa nkatu gana kati ki ma kanda mo ma mole. Tata muana yakala sa kasonika  nkanda mu kukizayikisa ye zayisa nsatu zi muan'au. Muna nkanda go bafuete tula mbongo, ye sola kilumbu kibalendele monana, kadi n'kanda ka gu mananga mambu ko.
Kanda di muana n'kento mpi bafuete zola bazaya mu kinsueki nzingulu yi muana yakala yo zolele kuela muan'au…

KIMBONANA, KIDIIMBU ye Nzitikila.

        Kilumbu kina bamonene, muana yakala ye muana n'kento, muana yakala kafuete zayikisi nsatu zani zi kukuela muana n'kento yoyo, muana yakala kafuete gana ku yo muana n'keento fi mbongo. Zo mbongo si zikala nsilu, kidimbu  ki kafuete songa yo muana ndumba ku ba tata ye mam'ani nde : "mono mbonene ye muana yakala  zolele ka n'kuela",… Ku mima nde kanda di muana yakala sa disonika n'kanda mu kuisi monana ye kanda di muana n'kento. Muna n'kanda batula fi mbongo : Nzimbu zi ndandulu n'kanda.

    Kilumbu kio go kifuene, (kadi ma kanda ma mole mawawana mu diambu di kilumbu kio) ma kanda ma mole sa mamonana, bata n'lesi: mu kuzayana tuvila. Mu kutendula nde gana kati ki makaanda mo ma mole ka bena kimpangi ko, ka bena mu nkindu ko, ye bana bau balende kuelana. Ku lueka lu muana yakala banata :
    . Lafu di nkotolo ku lumbu,
    . Lafu di ndandulu n'kanda,
    . Lafu di ndombolo koko ku  n'kento,
    . Mbongo zi nkangulu lupaangu, nzitikila,
    . Mpetu  (kidimbu kisonga luzolo lukieleka lu longo, kansi ka mu n'siku ko),
     . Lafu di mbwangasa ma toko.

Tuka ntangu yina, gana kati ki makanda mo ma mole, kizitu kiyilamene. Ku lueka lu yakala bafuete lomba nsatu zi mafuana mankangulu longo ku kanda di muana n'kento (facture). Ye batesila kilumbu ki bazolele mu diambu di longo.
   
    Kilumbu ki longo go kifuene, yakala  ye babani sa banatuka mukue kuela nkento,
Bakubika fimbongo, mu kukuba bazitu, ntete bakota ku lumbu lu longo.
Go kabazitisi ko ntangu yi bawisana  mu n'kanda ndombolo nsatu zi longo, ba lendele futa n'kanu.
        Bibalomba mu longo
    . Lafu di nkotolo ku lumbu
    . Lafu di tata
    . Lafu di mama
    . Vunga di tata
    . Vunga di mama
    . Nsampatu zi tata
    . Nsampatu zi mama
    . Nsampatu zi tata nketo
    . Kitambala ki mama
    . Kitambala ki tata nkento
    . Kimbundi ki mama (kinkutu ye n'lele)
    . Kimbundi ki tata nkento (kinkutu ye n'lele)
    . Costume di tata (n'zaka, kinkutu, cravate ye nsampatu)
    . muinda (coleman) u tata
    . kiyunga ki tata
    . Makasu
    . nkombo
    . malafu ma kinzonzi ki longo
    . mungu
    . sukadi ye cafi
    . N'zongo  go alumette
    . Nzimbu  (mbongo) zi longo.
   
    Go kinzonzi ki longo kimanisi, bima bio biakulu biganukini, nga si batukisa n'kento. Kadi bu bata kinzonzi, yani kafuete kala kuna kinzueki. Bampangi bo bafuete kun'tukisa bafuete lomba tiki (ticket) ku yakala  mu kutukisa  n'kentu'ani.
Go n'keto tukudi, sa ban'lomba  (ku n'zonzi  u kanda diani) kasonga, go kasola yakala diani, sa banua kikono : nsila ku besi kanda ye bampangi bakulu nde bau ki mpumpa kisukidi. Balomba lusaambulu lu ma kanda ma mole. 
Kunima lusambu, n'kinsi longo sa uyantika, nzonzi u kanda di n'kento sa kayedika  bidia, bantu sa badia, banua, bakina mpi…Madia ma masala, bazitu (kanda di yakala) sa banata mau…
Kunima n'kiinsi  longo go mpi kunima bilumbu, kanda di nkento bafuete kubika mafuana ma nsindukulu yi muan'au ku nzo longo : bagana  malonga, nzalu ye zi mbedi ye mpi nkoombo…

Nzonzi ka vilakana ko nde : ntete kabaka n'gogo, kafuete gana kufi ku  yu kazolele goga  ye yani.
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Le décès‭ ‬:‭ 
 
   La mort est comprise dans le cycle normal de la vie.‭ ‬Rien d'épouvantable même si les manifestations de deuil sont parfois excessives en raison de la douleur que provoque la disparition de l'être cher.‭ ‬On croit plus aux morts qu'en la mort,‭ ‬car la vie continue après la disparition du corps.
Rituel funéraire‭ ‬:‭ ‬On expose le corps du défunt à son domicile‭ (‬ou au domicile d'un membre de la famille‭) ‬pendant un,‭ ‬trois ou plusieurs jours,‭ ‬le temps de réunir tous les membres du clan,‭ ‬avec les invités.‭
Pendant ce temps,‭ ‬toutes les activités sont suspendues‭ (‬pour la famille éprouvée‭)‬,‭ ‬tant pour les membres de la famille du défunt que pour tous ceux qui exercent tout activité sur la terre appartenant au clan du disparu‭  ‬pour rendre hommage à celui ci.
‭ ‬Une femme pleureuse animera l'assemblée par des chants funéraires accompagnés des gestes de désolation.
Les membres de la famille éprouvée se raserons la tête ou tout simplement les femmes déferont leurs tresses et s'habilleront seulement avec un pagne remonté juste au dessus des seins,‭ ‬pieds nus et portent un bandage blanc sur la tête,‭ ‬les hommes sont habillés très légèrement avec un bandage blanc au poignet.
Le jour de la mise en terre,‭  ‬le corps du défunt est porté par les membres de la famille sur les épaules jusqu'au cimetière,‭ ‬le chef de famille prononce les paroles d'adieu après que l'on a mis le corps en terre‭ (‬dans le trou‭) ‬chaque membre de la famille jette la terre sur le cercueil en signe d’adieu au disparu.
Si l'on part enterrer quelqu'un dans une terre qui n'appartient pas au clan,‭ ‬on doit payer un coq‭ (‬nsusu‭) ‬et de la boisson‭ (‬malafu‭)‬.
Au retour du cimetière,‭ ‬tout le monde se lave‭  ‬les mains dans une bassine mise à l'entrée de la maison où les funérailles sont organisés.‭ ‬Après avoir offert à boire et à manger à tous,‭ ‬les sages palabrent et procèdent à l'inventaire des biens du défunt.
Le veuf ou la veuve reste en deuil au moins quarante jour,‭ ‬pendant ce temps,‭ ‬il ou elle ne pourra travailler et gardera ses habits de deuil.‭ ‬Au quarantième jour,‭ ‬on fait le levé de deuil,‭ ‬le veuf ou la veuve s'endimanche,‭ ‬on l'emmène faire le marché,‭ ‬dans un cortège avec des chants,‭ ‬des tambourins et autres instruments de musique.
La mort d'une personne très âgée est un fait normal et acceptable,‭ ‬car Dieu est censé rappeler auprès de Lui les gens de grand âge tandis que la disparition d'un jeune ne peut être provoquée que par un agent extérieur et maléfique.‭ ‬Que l'on meurt de maladie,‭ ‬d'accident ou d'une catastrophe naturelle,‭ ‬quelque soit le cas,‭ ‬le décès est attribué à la malfaisance d'un sorcier.‭ ‬On dit dans ce cas que quelqu'un‭ ‬« l'a mangé ‭»‬,‭ ‬quelqu'un l'a envoûté ou ensorcelé.‭ ‬Il y a de fait lieu à chercher celui ou ceux qui ont‭  ‬pu provoquer la mort d’un moins âgé.‭ ‬On consulte un devin qui détermine forcement un coupable.‭ ‬Quand on a soupçonné quelqu'un,‭ ‬il lui sera difficile de prouver le contraire pour ne pas supporter à tort la peine infligée au sorcier.
Aujourd'hui,‭ ‬le rituel de deuil est simplifié à cause de difficultés financières et le christianisme.‭ ‬On ne se confie plus aux morts,‭ ‬mais on honore leur mémoire.

‭    ‬Il est des choses d'une importance capitale dans toutes les cérémonies,‭ ‬rites et autres événements organisés dans la société.‭ ‬La prière,‭ ‬le gestuel,‭ ‬le chant,‭ ‬le vin de palme et la noix de cola forment la base des rituels‭ ‬:

Le gestuel et le chant‭ (‬  n'kunga‭)
Le‭ ‘‬Muntandu‭’ ‬est profondément religieux du fait qu’il vit,‭ ‬aujourd’hui encore,‭ ‬dans cette présence du spirituel dans le matériel.‭ ‬Son contact avec le monde qui l’entoure revêt forcement un caractère cultuel.‭  
Depuis les temps anciens le‭ " ‬ntuka kongo ‭"‬,‭ ‬on a cherché dans les différentes formes d’initiation d’unir l’individu à la substance même de l’univers :‭ ‬la Force Vitale.‭ ‬Ainsi,‭ ‬on porte attention aux gestes à faire et aux paroles à prononcer.‭ ‬La place réservée aux chants et proverbes est de choix‭ (‬on n’exclut pas tous les gestuels qui forment un langage aussi important dans l’univers‭ ‘‬ntandu‭’)‬.‭    
La chanson est une parole rythmée,‭ ‬expression de l’état d’âme.‭ ‬Elle unifie,‭ ‬mobilise et rassemble avec la danse et le geste,‭ ‬naturellement,‭ ‬dans un seul élan tout un groupe.‭  ‬Aucun événement,‭ ‬aucune cérémonie‭ (‬fête,‭ ‬deuil,‭ ‬culte‭…) ‬ne peut se célébrer sans un chant‭ (‬et danse ou‭  ‬autres gestes‭)‬,‭ ‬d’instinct,‭ ‬un groupe passe en polyphonie spontanée.
‭ ‬Le chant‭ ‘‬ntandu‭’ ‬est caractérisée par :‭
            Une‭ «‬ mélopée mono tonique ‭» ‬répétée à l’envie et par
‭            «‬ Le répons ‭»‬ :‭ ‬un chanteur lance un propos qui,‭ ‬inlassablement,‭ ‬sera repris par tout le groupe.‭ ‬En général,‭ ‬le chant est accompagné de tambour,‭ ‬tam-tam,‭ '‬mondo‭'‬,‭ '‬ngongi‭'‬,‭ '‬binsaka‭' …
Il s’est toujours avéré libérateur,‭ ‬car étant une parole rythmée,‭  ‬le chant est une force dynamique et magnétique.‭
Ouvert au monde moderne,‭  ‬le chant,‭ ‬vocale à l’origine se modifie en fonction de l’évolution technologique.‭   ‬Du chant traditionnel,‭ ‬on passe sans transition à une musique plus moderne ornementée de guitare,‭ ‬piano et autres instruments modernes.

Le palmier‭ ‬  (à huile et à vin‭)
Le palmier‭ (‬type‭ ‬:‭ ‬Elaeis guinneensis‭) ‬participe à la vie de la communauté et sa place est de choix‭ ‬:
Les rameaux peuvent être utilisés dans la construction des toits d'une maison ou d'une case,‭ ‬on s'en sert lors des cérémonies,‭ ‬deuils ou fêtes.
Il produit des noix dont on extrait de l'huile de palme avec sa pulpe‭ (‬par pression à chaud‭) ‬et l'huile palmiste avec ses graines‭ (‬des graines séchées puis pressés‭)‬.‭
L'huile de palme serve pour une alimentation riche en vitamine A et savoureuse mais aussi utilisée en cosmétique,‭ ‬pour s'enduire le corps.
La sève tirée des hampes des ses fleurs est un précieux vin‭ (‬vin de palme‭ ‬:‭ "‬malafu ma nsamba‭") ‬dont la saveur est inégalée.‭ ‬On consomme ce vin dans toutes les cérémonies et tous les rites‭ ‬:‭ ‬mariages,‭ ‬office des ancêtres,‭ ‬sorties des jumeaux,‭ ‬bénédiction d'une personne...‭  ‬Le vin de palme avec le noix de cola sont des symboles de communion entre les vivants et,‭ ‬entres les vivants et les‭ '‬bakulu‭' ‬.‭ ‬Le vin de palme est consommé dans les‭ ‬24‭ ‬heures qui suivent sa cueillette si l'on veut le boire avec toute sa saveur.‭ ‬Plus il reste longtemps,‭ ‬plus il perd sa quintessence mais plus il devient alcoolisé.
Il existe un autre vin extrait du palmier‭ (‬le vin‭ "‬malafu ma mbulu‭")‬.‭ ‬On l'extrait en coupant la stipe‭ (‬tronc du palmier‭) ‬dans ses racines.‭ ‬Le palmier doit rester couché pour produire ce vin plus alcoolisé que le‭ "‬nsamba‭"‬.‭ ‬Cependant la palme d'or reste au vin de palme apprécié de tous.‭
Certains industriels tentent aujourd'hui de conserver ce breuvage dans les bouteilles pour des consommations longues durées,‭ ‬mais cela ne remplacera à jamais son caractère traditionnel,‭ ‬car ce vin est bien apprécié quand il est servi dans une calebasse.

La noix de cola
La noix de cola est le fruit du kolatier‭ ("‬cola acuminata‭")‬,‭ ‬plante de la famille des sterculiacées comme le cacao,‭ ‬d'origine d'Afrique tropicale et d'Amérique latine.‭
La noix de cola est appréciée pour son goût amer et âpre mais surtout pour ses propriétés toniques et astringentes,‭ ‬il contient de la caféine,‭ ‬et est un très bon‭  ‬stimulant nerveux et tonique pour le cœur.‭ ‬Elle est réputée pour facilité la digestion et avoir des propriétés aphrodisiaques.
Elle constitue avec le vin de palme‭ (‬et le coq‭)‬,‭ ‬les présents que l'on offre aux‭  "‬bakulu‭"‬,‭ ‬dans le mariage et aux étrangers‭ (‬ceux qui rendent visite aux membres du clan‭)‬.
On se le partage volontiers entre convives,‭ ‬dans toutes les cérémonies,‭ ‬comme symbole de bienvenue,‭ ‬symbole de l'amitié ou pour signifier une entente scellées ou une réconciliation.‭ ‬On se le partage en un geste de salutation avec une part‭ ( ‬de la noix de cola‭) ‬glissée dans la paume de la main.



Sources :‭     
  
  
Books.google.fr/books‭? ‬:‭ ‬(1‭) ‬Itinéraire d’un nganga,‭ ‬S.‭ ‬Makaya Ndonzoau‭ (‬1905-1987‭); (‬2‭) ‬Théorie de la révolution africaine,‭ ‬J.‭ ‬P.‭ ‬Kaya‭ ; (‬3‭) ‬Histoire Générale du Congo,‭ ‬I.‭ ‬Ndaywel è Nziem,‭ ‬Th.‭ ‬Obenga‭ ; ‬Le Congo-Kinshasa,‭ ‬J.‭ ‬J.‭ ‬Malu-Malu‭ ; ‬La théologie de Marie-Dominique Chenu,‭ ‬E.‭ ‬Vangu Vangu‭ ; ‬Le Kimuntu,‭ ‬source de la sagesse Kongo,‭ ‬O.‭ ‬Bidounga‭ ; ‬Donner et transmettre,‭ ‬Jean Gabriel Fokouo.‭ (‬5‭)‬Les bakongo et la pratique de la sorcellerie,‭ ‬Gaston M'bemba-Ndoumba‭ (‬2006‭)‬. La Médecine koongo, sources, concepts et pratique actuelle, Pelo Tsiakaka Adolphe, Strasbourg, édition du Signe, 2008. ‭ ‬ http://‭ ‬afriquepluriel.ruwenzori.net/bantuhtm‭ wikipedia ‭ ‬(4‭)‬www.bcc.cds ‭ ‬Témoignages‭ : ‬mama Kitala N'landu Marie‭ (‬n'kandu/Kisantu.RDC‭) ‬et ajouts de Jean Laurent Nlasa‭ (‬Belgique‭)